Les enseignements tirés de l’expérience grecque

juillet 21, 2015

Les dernières semaines ont été particulièrement intenses pour les Grecs et l’Union européenne.  Les Grecs ont récemment voté à une écrasante majorité contre les réformes proposées en échange d’un nouveau prêt accordé par l’institution européenne. C’est sur la recommandation de leur premier ministre de gauche nouvellement élu que la population grecque a rejeté les mesures exigées par les créanciers internationaux.

La réalité vraie, c’est que la Grèce est à genoux. Un Grec sur quatre est sans emploi, l’économie s’est contractée de façon impressionnante et le pays ne peut pas honorer ses dettes. Le système bancaire est prêt à imploser et l’économie est en crise. Le niveau de la dette publique est tel que le pays ne peut emprunter sur les marchés publics. Les banques sont fermées et les gens font la queue devant les guichets automatiques pour en retirer les 84 $ quotidiens auxquels ils ont droit. C’était vraiment audacieux et inhabituel de la part du gouvernement grec, sans pouvoir de négociation et croulant sous le poids excessif de sa dette, de vouloir essayer d’imposer des conditions à ses réticents prêteurs.

Passons maintenant à la situation économique du Canada. Notre situation financière est bonne et nous avons équilibré le budget fédéral. Nous n’avons pas cessé d’augmenter les paiements de transfert depuis que Stephen Harper est premier ministre.

Le taux de chômage est proche de 6 % (et le taux d’emploi est donc de 94 %). Pourquoi suivre de près la situation de la Grèce? Parce que l’économie dans laquelle nous vivons est fragile et interconnectée. Parce que les marchés financiers et économiques mondiaux dans lesquels se font les affaires sont intégrés.

Les effets de la crise financière en Grèce se font sentir dans la zone euro et par ricochet, au Canada et dans le reste du monde. C’est un avertissement pour le Canada, le reste de l’Europe et le monde dans son ensemble. La citation de l’ancienne première ministre britannique Margaret Thatcher prend ainsi tout son sens dans la conjoncture actuelle : « Le problème avec le socialisme, c’est que l’argent des autres finit toujours par manquer. »

Le Canada n’est certainement pas à l’abri des problèmes qui frappent la Grèce. Cette semaine, l’agence de notation de crédit Standard & Poor’s a baissé la note de la province de l’Ontario, ce qui signifie pour cette province des emprunts probablement plus coûteux à long terme et moins d’argent disponible pour diminuer les temps d’attente dans les hôpitaux et pour financer l’éducation et les écoles.

On gère un gouvernement comme on gère son ménage, une entreprise ou une ferme : on ne dépense pas l’argent qu’on n’a pas, et les budgets ne s’équilibrent pas tout seuls. C’est pour cette raison que le Canada a besoin d’un leadership économique fort, aujourd’hui plus que jamais. La Grèce doit être pour nous la preuve qu’il faut équilibrer le budget et garder l’œil sur l’économie mondiale tout ce qu’il y a de plus imprévisible.